81EME ANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE DU 8 MAI 1945 : UN MOMENT DE MÉMOIRE, DE RECUEILLEMENT ET DE TRANSMISSION

81e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 : un moment de mémoire, de recueillement et de transmission en hommage à celles et ceux qui se sont battus pour notre liberté.

Aux côtés des anciens combattants, des porte-drapeaux, des enfants, des élus, des représentants des autorités civiles et militaires, ainsi que de la population, cette cérémonie rappelle l’importance de transmettre les valeurs de paix, de courage et de fraternité aux générations futures.

Discours d’André Rocchi, Maire de Prunelli di Fium’Orbu

« Mesdames et Messieurs,

Chers amis, chers concitoyens,

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires,

Chers porte-drapeaux,

Chers enfants,

Le 8 mai 1945 portait une promesse simple : mettre fin à la domination, faire naître une paix durable et replacer l’humain au cœur de notre destin commun.

Aujourd’hui, la guerre est présentée comme un spectacle quotidien à travers les médias.

Les morts défilent, les ruines s’accumulent, sans que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter cette marche destructrice.

Peu à peu, nous glissons vers une forme d’indifférence à la souffrance, à l’injustice, à la barbarie.

À force de répétition, depuis des années, ces images se sont inscrites dans notre quotidien.

On nous avait promis : « Plus jamais ça ».

Mais aujourd’hui, cette promesse semble céder la place à une tolérance de l’inacceptable, à l’acceptation de la perte de liberté, de la perte d’humanité, de la perte de toute dignité.

Autant de renoncements arrivés trop vite, sous la pression de nos propres faiblesses.

L’esprit de 1938 est-il de retour ?

À travers tous ces conflits mondiaux, ce ne sont pas seulement des armes qui s’affrontent, ce sont aussi des idées.

Celles qui banalisent les inégalités, les dictatures et les dominations prétendument inévitables ; celles des régimes qui enferment, torturent et écrasent leur propre peuple ; toujours cette même logique : celle du plus fort.

Et que faisons-nous ?

Nous regardons, nous commentons, nous continuons à nous enfermer derrière l’accumulation de nos propres normes, autant de paravents sécuritaires appelés « protection ».

Mais finalement, protection contre qui ? Protection contre quoi ?

Pour oublier les atrocités, les souffrances d’ailleurs, mais aussi les menaces qui pèsent sur notre propre avenir.

Avons-nous encore les moyens de nous protéger ?

Avons-nous encore la capacité de refuser qu’ailleurs, des croyances et des idéologies torturent, tuent et détruisent toute humanité ?

Aurons-nous encore demain la force et la possibilité de préserver nos idéaux et notre éthique ?

Aujourd’hui, j’ai une pensée pour les familles des 58 parachutistes français assassinés il y a 40 ans par le Hezbollah dirigé par l’Iran.

Leur mémoire est-elle encore respectée ?

Le 8 mai peut-il encore nous rappeler la valeur du courage quand la diplomatie n’assume plus la vérité pour quelques dollars de plus ?

On ne défend pas l’humanité en sacrifiant les humains.

En nous adaptant à l’inacceptable, nous croyons protéger le présent, mais nous détruisons l’avenir.

Et c’est bien cela qui est en train de se jouer : notre liberté d’avenir.

Car lorsque les passions s’imposent, la raison s’efface.

Et lorsque la raison s’efface sans recul, ce sont les équilibres essentiels qui s’effondrent.

Alors il faut choisir.

Se taire ou refuser.

S’habituer ou résister.

Accepter qu’une partie du monde soit abandonnée, ou décider que nos valeurs essentielles doivent rester universelles.

Pour nos enfants, choisissons un optimisme de volonté et d’engagement qui nous porte, au quotidien, à construire une société plus forte, plus lucide et capable de défendre ses valeurs sur les plans diplomatique et militaire.

Mai 1945 nous rappelle que le monde ne doit jamais devenir un lieu où seuls les plus forts ont leur place, et que lorsque l’humain devient une variable, alors tout peut advenir.

Nous devons rester fidèles à ce qui nous a été transmis, fidèles à tout ce qui peut nous unir sur le chemin de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Des valeurs toujours à rechercher, bien que jamais pleinement atteintes.

Unis dans cette direction, pour que vive la France, que vive la Corse et que vive Prunelli di Fium’Orbu. »

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